POÉSIE À LA BOUGIE #4 – Terre de France de François Fabié

lundi 12 mars 2018 | Actualités | 0 commentaires

Romain Guérin nous lit un extrait d’un poème de François Fabié

Oui, partout elle est bonne et partout elle est belle,
Notre terre de France aux mille aspects divers !
Belle sur les sommets où trônent les hivers,
Et dans la lande fauve à l’araire rebelle,
Belle au bord des flots bleus, belle au fond des bois verts !

Belle et bonne aux coteaux où la vigne s’accroche,
Et dans la plaine grasse où moutonnent les blés ;
Bonne dans les pâtis où les boeufs rassemblés
Mugissent ; bonne encore aux fentes de la roche
Où les oliviers gris aux figuiers sont mêlés !

Au front des pics neigeux où l’aigle pend son aire,
Et dont le soleil fait des tours de diamant,
Dans le glacier d’où sort le gave en écumant,
Et d’où parfois, avec un fracas de tonnerre,
L’avalanche bondit sur nos champs de froment ;

Belle et bonne toujours, à la fois forte et douce,
Notre terre se dresse en granit menaçant,
Tourne vers l’étranger son plus âpre versant,
Et nous déroule l’autre en gradins, sans secousse,
Comme un tapis moelleux qui d’un palais descend.

Et là-bas, tout au bout du morne promontoire
D’où s’élèvent, le soir, les cris et les sanglots
Des mères et des soeurs pleurant nos matelots,
Notre terre est superbe en sa double victoire
De ses feux sur la nuit, de ses rocs sur les flots !

[…]

Terre de France, terre entre toutes féconde,
Dont on a pu blesser mais non tarir le sein,
Ruche d’où part vibrant le glorieux essaim
Que depuis trois mille ans Dieu mène par le monde
A l’accomplissement de quelque grand dessein ;

Terre où le soc demain peut se changer en glaive,
Et le canon bondir en écrasant des fleurs,
Mère d’un peuple fier que trempent les douleurs,
Qui trop souvent faiblit, mais toujours se relève,
Plus grand au lendemain de ses plus grands malheurs ;

Terre de laboureurs, d’apôtres, de poètes
Qui font beau ton passé, triste et doux ton présent ;
Terre d’où l’Idéal son vol puissant
Et monte dans le ciel avec tes alouettes
Dès que l’aigle a cessé de réclamer du sang ;

Pardonne à l’un de ceux que tes beautés enchantent,
Qui t’aime dans tes monts, tes plaines et tes bois,
Tes douleurs d’aujourd’hui, tes gloires d’autrefois,
De te chanter, un peu comme nos pâtres chantent,
Avec beaucoup de coeur, sans art, à pleine voix.

François Fabié, Fleurs de genêts

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